Un des livres du Professeur Lemahieu qui prétend (ainsi que d'autres auteurs) que les Templiers connaissaient l'Amérique.
Christophe Colomb est soupçonné de beaucoup de choses, on a remis en question sa nationalité, sa ville de naissance, son lieu d’inhumation, ses motivations, ses véritables patrons… on en finirait pas de faire le tour de toutes les interrogations que laissa pendantes à la postérité le Grand Amiral de la Mer Océane…
Le court texte qui suit ne s'occupe pas des incertitudes concernant Colomb : la légende du Marin anonyme, son éventuelle judaïcité, ses relations ambiguës avec les Portugais… mais sur des faits confirmés, peu dignes de suspicion mais que la grande Histoire n’arrive pas à expliquer. Ce sont d’ailleurs ces hésitations des historiens qui ont donné à certains l’opportunité de proposer d’autres solutions…
Lors de son troisième voyage en 1498, Colomb avant d’arriver en vue des terres dit qu’il va appeler la prochaine île rencontrée, «Trinidad», jusque-là peu de problèmes, l’Amiral est complètement imprégné par la religion, et ce n’est pas la première fois qu’il donne un nom chrétien à une île du Nouveau Monde, par contre c’est la première fois qu’il l’annonce (confirmé par Las Casas et le procès de Séville), et surtout que les hommes d’équipage disent aussi que l’Amiral appelle ainsi la terre découverte à cause des trois collines qu’on aperçoit. « Très mogotes y très montanas… estas son sus palabras » dit Las Casas dans la relation de ce troisième voyage.
Le fameux voyage de Roslyn à Arcadia... Roslyn, où les héros du Da Vinvi Code 'trouvent" le trésor...
Qu’il veuille l’appeler Trinidad, pourquoi pas, mais comment pouvait-il connaître la géographie de l’île ? Las Casas affirme bien que ce fût « un grand miracle (gran milagro) », on est en droit de se poser des questions…
Morison, un des plus grands colombistes qui soit, sur le tracé du troisième voyage indique :« Limite de vue des collines de Trinidad », pour expliquer que c’est à ce moment-là de son voyage que Colomb « pourrait » voir la terre, or il l’a annoncé bien avant… on l’a dit dans le livre son comportement ensuite est incohérent, il tourne dans le golfe de la Baleine, décrit le Paradis Terrestre (« Grandes indicios son estos paraiso Terrenal », ce sont les mots de Colomb), s'arrête à Machuro (c'est l'endroit supposé de l'accostage, on ne sait pas exactement où il s'est arrété) sort de la petite mer par le Détroit du Dragon, part plein est vers Asencion, à peine en vue des côtes fait demi-tour, retourne vers l’ouest, puis vers le sud-ouest, atteint de nouveau la terre, s’arrête, questionne des Indigènes, quand il semble avoir eu l’indication qu’il cherche (on se demande ce que cela peut-être, c’est historiquement la première fois que des Européens viennent dans le coin…), il repart plein ouest, double Margarita, ne s’y arrête pas mais lui donne un nom… et ce n’est pas un nom neutre, puisque Margarita signifie « perle », et que justement l’archipel (avec les îlots de Cubagua et de Coche) est richement pourvu en perles…
Et ce baptême a posé problème, on a bien sûr pensé que Christophe avait voulu garder pour lui cette information… mais il y avait 100 personnes avec lui, et ces gens furent interrogés par le Procureur du Roi lors de l’interminable procès des plaintes colombiennes… dans aucune déposition ne ressort un élément qui puisse laisser penser que Colomb aurait pu être informé de la présence de perles à ce moment de la traversée. De plus, trouver des perles, pour Colomb aurait sans doute été un avantage, puisque ses deux premières expéditions ont été loin de rapporter autant qu’il l’avait annoncé avant son départ. Revenir en Espagne, en disant, « j’ai trouvé un richissime gisement de perles, d’ailleurs j’ai appelé l’île, Margarita » n’aurait absolument pas dérangé l’Amiral, bien au contraire ! Si Colomb affirme ne pas savoir qu’il y avait des perles, c’est qu’il ne le savait effectivement pas. (Peralonso Nino à son retour de Margarita apportera les perles qu’il y a trouvé, à Hernando de Vega, Senor de Gragal, futur Commandeur de Castille de l’Ordre de Santiago…)
Carte Mappa Mundi de Juan de la Cosa - Elle décrit des terres pas encore découvertes
Juan de la Cosa accompagnait Colomb lors du voyage à Paria.
On a l’impression que l’Amiral avait en arrivant dans la région des informations sur les îles qu’on y trouvait, mais pas sur ce que l’on trouvait dans ces îles… les collines de Trinidad, la forme et le nom de Margarita… l’Histoire accepte par deux fois l’inspiration divine de Christophe, et ne va pas chercher plus loin.
Le professeur Manzano, qui n’est pas un « chercheur occulte » a bien essayé d’expliquer qu’au cours de son deuxième voyage (en 1494), Colomb avait pu faire une incursion « secrète » dans les Île sous le Vent, et ainsi connaître la géographie locale… cela a le mérite d’être clair et explique surtout le comportement de Colomb, mais sur le plan chronologique, Manzano se heurte à l’hostilité de ses confrères qui lui disent :
– « D’accord Professeur, mais quand pendant son deuxième voyage ? ».
Il y avait plus de mille personnes lors de cette expédition, et on connaît le programme de Colomb au jour le jour… Mais l’interrogation de Manzano est significative des incertitudes des historiens…
« Fué gran milagro (pour Trinidad), inspirado per Dios (pour Margarita) », ce sont les réponses de Colomb ! On l’a dit c’est un mystique, il se croit investi d’une mission divine… mais les autres… qu’au seizième siècle on admette comme envisageable cette solution, passe encore, mais actuellement, qui peut prendre comme argent comptant cet « inspirado per dios » ? L’Église n’a d’ailleurs pas confirmé le « milagro », et Christophe, malgré quelques velléités d’aficionados n’a pas encore été sanctifié !
Il est à peu près acquis maintenant que Colomb ne fut pas le premier européen à poser le pied en « Amérique », et il est probable, pour ne dire plus que les Templiers ont fréquenté les rives de ce continent… les liens entre les successeurs effectifs des chevaliers du Temple (Ordre de Santiago, d’Aviz, de Calavatra…) et les premiers découvreurs de l’Amérique sont patents, évidents. Si des documents, ou une tradition sur une route existent, venant des Templiers qui faisaient le trafic trans-océanique, il ne peut s’agir que d’indications physiques (collines, rivières…), et reconnaissons alors que Colomb nous donne raison.
Avec les Créd'Agventuriers à l'approche de la Boca del Dragon, sur les traces de Colomb.
Sur les conseils d’un Catalan, Jaime Ferrer, Colomb décide de partir pour son troisième voyage par une route beaucoup plus au sud, c’est en suivant les alizés vers 9° de latitude Nord, que croit-il, et Jaime Ferrer aussi, il arrivera au Paradis Terrestre. Ce n’est pas une vue d’esprit de Colomb ce Paradis, il y croyait fermement, on l’a dit.
Quoiqu’il en soit, pourquoi partir trois cents léguas plus au sud au départ d’Europe, sinon pour arriver à un endroit déjà identifié. Pourquoi ne pas partir de la Terre Ferme que Colomb croit avoir découvert (Cuba) ou des îles que l’on a déjà colonisées (Hispaniola, Isabella…) et descendre de trois cents léguas pour arriver au point où l’on croit trouver le Paradis. Cette attitude est déconcertante et ne répond à aucune logique si l’on part réellement à l’aventure. Mais si l’on croit que pour trouver le Paradis, il faut d’abord arriver à une île sur laquelle se dressent trois collines, et que pour trouver cette île il faille partir 300 léguas plus au sud que d’habitude… et ensuite, suivre une route plein ouest pendant vingt-cinq jours, il est normal que Colomb veuille atteindre cette île par « l’Europe ».
Cette impression semble confirmée par le fait que Colomb après avoir suivi cette route s’inquiète, en effet à la fin juillet il n’a encore rien trouvé, ni terre, ni île… le 30 juillet, alors qu’il est à quelques encablures de l’Amérique du Sud, mais qu’il n’en voit toujours pas les côtes, il prend une route plein nord, il vire de 90° par rapport à sa route initiale ! Sur ce changement de direction, les avis sont partagés :le pilote du bateau, Herman Mateos affirmera que c’est une tempête qui a détourné l’expédition, pour Fernando Colomb, le fils de l’Amiral, c’est à cause de la chaleur…
Pense-t-il être descendu trop bas ?
Il ne répond pas à la question, mais après avoir changé de direction, le trente et un juillet il aperçoit les collines de Trinidad et met le cap sur l’île. Il cabote le long de la côte sud, il n’aborde pas et au détroit du Serpent, alors qu’il a l’Amérique du Sud à portée de main et qu’il peut la voir, il continue plein nord ! Et il baptise le nouveau continent (il est sur la péninsule de Paria) : Île de Gracia !
On ne possède pas le livre de bord de Colomb, il aurait disparu… seules deux personnes semblent en avoir pris connaissance : son fils et Las Casas, on ne peut donc savoir avec certitude pourquoi Colomb remonte, contre toute logique, au nord. Mais on peut imaginer que les conseils de Ferrer étaient de prendre une route plus au sud, et après trente jours de mer, il arriverait en vue de l’île de Trinidad. Ferrer, comme Colomb croyait la Terre beaucoup plus petite qu’en réalité, est-ce cette erreur de calcul qui fait que Colomb attend avec impatience une île avec trois collines ? Tout porte à le croire, puisque ce sont les propres marins de l’expédition qui renseignent Las Casas, lors du procès, sur le fait que Colomb savait qu’il allait trouver cette île. Sans doute pour rassurer l’équipage (tous des proches, encore selon Las Casas), Colomb en a parlé :
– Dans quelques jours nous devrions arriver à une île dont nous apercevrons les trois collines…
Ne voyant rien venir, à cause d’un voyage plus long que prévu, il décide de remonter vers le nord, et après une journée de navigation il arrive en vue des collines de Trinidad…
– Je vous l’avais dit ! Une île avec trois collines !
Nous ne revenons pas sur son cabotage dans les eaux du golfe de la Baleine, notons simplement qu’à peine sorti du détroit du Serpent, il prend plein nord, comme s’il avait hâte de rentrer à Hispaniola. Il restera quinze jours dans cette zone, longeant les côtes, et interrogeant les Indiens sur la provenance des perles qu’ils possèdent. Ces derniers le renseignent, il sort du golfe de la Baleine, par le Dragon, et part plein est, comme s’il rentrait en Europe ! Alors, on se dit que les Indiens lui on dit qu’il allait trouver des perles sur cette île au N-E de Trinidad, et qu’il va vérifier. En vue (5 miles) des côtes d’Asencion (actuellement Tobago) il fait demi-tour et retourne vers l’ouest !
Il n’y a qu’une explication : l’île ne correspond pas à la description qu’il possède, inutile donc de s’y arrêter !
Il retourne à terre (?), interroge de nouveau les Indiens et repart, il prétexte une grande fatigue (!) et un manque probable de vent (!!) pour ne plus s’arrêter nulle part, ne baptisant les îles croisées que de son bateau… los Testigos, los Guardias et Margarita !
Les Témoins, les Gardiens, Île aux Perles… les biens nommés…
La couverture d'Insula Inventis, première relation de Colomb après son voyage de 1492, la référence au Temple est manifeste.
Comment Christophe a-t-il pu être si précis sans avoir d’informations ?
Je répète, Colomb devait vraiment ignorer qu’il y avait des perles à Margarita, sans doute imaginait-il qu’il y en avait dans le golfe, mais à Margarita précisément, non.
Je pense que, comme Trinidad, Margarita s’appelait déjà Margarita, et que Colomb quand il a eu l’information par Ferrer a également appris le nom de l’île dont on lui parlait, et sa mission, au troisième voyage n’était pas de visiter l’île, mais de la situer précisément pour d’autres…
D’ailleurs, quand il arrive à Hispaniola, c’est la révolte, Roldan, que Colomb avait nommé Alcade a pris le pouvoir, et devant le mécontentement des espagnols, accuse les Colomb de tous les maux. Christophe et ses frères seront mis aux arrêts, lui ne rentrera en Espagne que bien plus tard, en 1500, mais il a eu le temps de faire parvenir une lettre (« la carta secreta », dans le jargon des "colombistes") aux Rois Catholiques, avec la route qui mène à Trinidad, au Paradis Terrestre et à Margarita… cette carte (la« pintura », dans le même jargon) devait rester secrète :moins de six mois après Ojeda, Cossa et Vespucci s’embarqueront pour Margarita… Nino et Guerra les suivront quelques jours plus tard…
On objectera que Colomb, quand il décrit Margarita ne signale pas que l’île est formée de deux îlots reliés par un bras de sable, que ce n’est donc pas le relief de l’île qui l’a renseigné… c’est à mon avis un point supplémentaire pour affirmer que Colomb avait reconnu l’île, il est en effet impossible, quand on prend la route prise par l’escadre de ne pas s’apercevoir de la forme exacte de l’île :deux îlots montagneux, reliés par un bras de terre où l’on trouve deux collines :« Las Tetas de Maria Guevara ».
A suivre : Le nom de Margarita
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