Vendredi 20 avril 2007 5 20 /04 /Avr /2007 18:53
 

LIBERATION.FR : mardi 17 avril 2007

 

Onze grandes tortues marines, d’une espèce en voie de disparition, ont pris lundi le départ de «La grande course des tortues» entre le parc marin Las Baulas, sur la côte Pacifique du Costa Rica, et les Iles Galapagos, 1.000 km plus au sud, ont annoncé les organisateurs. Les tortues Luth -des femelles- sont équipées d’émetteurs fixés sur la carapace pour suivre leur progression via satellite. Les tortues sont attendues le 29 avril aux Galapagos. Il s’agit pour elles d’un «parcours naturel» de migration, soulignent les organisateurs. L’objectif de la course est de sensibiliser la population sur la situation des tortues, dont la population baisse dangereusement.

La compétition est organisée par le ministère de l’Environnement du Costa Rica et des organisations engagées dans la protection de ces reptiles marins. La tortue luth est le plus gros reptile de la planète. Elle peut atteindre plus de 2 mètres de long et peser plus de 900 kg. Puissante nageuse, elle peut couvrir de très grandes distances et atteindre une vitesse de 9 km/h. Le principal prédateur de la tortue Luth est l’être humain. La consommation d’oeufs de tortue marine auxquels on prête des vertus aphrodisiaques, la pollution marine et les filets de pêche y sont pour beaucoup.

 

Collé à partir de <http://www.liberation.fr/actualite/instantanes/chiffre/248116.FR.php>

 

Par Philemon
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 19:51

 

C'est de ces criques isolées que partent les peneros chargés de coke vers Trinidad...

 

Depuis toujours, la Péninsule de Paria est une zone de non-droit… il n'y a pas de route, l'accès à tous les villages à l'est de Guiria se fait par la mer… ce qui laisse toute latitude aux malfrats pour organiser leurs activités mafieuses.

 

Les premiers bandits furent, on l'a dit, les membres de la Garduna, société secrète d'ultra catholiques qui sévissait en Espagne au Moyen Âge. Proches des rois catholiques, auxquels ils rendaient d'inavouables services, on les retrouve un peu partout dans l'empire espagnol… Cette Garduna vouait un culte particulier à la Madone de Cordoba, la première sainte aux fleurs, cette fille de roi musulman s'était convertie au christianisme et avait réalisé des prodiges, notamment la transformation de pain en fleurs… on retrouve cette tradition à Guadalupe et à rennes le Château (Ste Germaine de Pibrac)... Les groupes mafieux, à l'heure actuelle s'agenouillent devant la Virgen del Valle...

 

Les Mafias s'organisèrent autour de l'approvisionnement de la région, les difficultés d'accès faisaient que les produits étaient facilement contrôlables… pour obtenir de la farine, du sel, du sucre, il fallait en passer par les groupes constitués… en échange les gangs s'occupaient de la protection des habitants !

 

 

Ces activités, contestables certes, mais humaines, malgré tout, le monopole n'est pas toujours illégal… cessèrent lors de la reprise en main par les services américains du trafic de drogue en Colombie et en Bolivie. Dans l'impossibilité de faire se tarir l'offre (le président bolivien, Evo Morales est, par exemple, l'ancien président du syndicat des producteurs de coca…) ils choisirent de combattre l'expédition de la drogue à partir des zones de production.

 

La drogue qui partait par avion pour le Mexique, ou par bateau à partir de Carthagène dut trouver d'autres routes pour approvisionner les marchés occidentaux.

 

Des zones de production, les produits rejoignent maintenant la Péninsule de Paria, en suivant les routes et pistes qui longent l'Orénoque… bénéficiant de complicités (implicite ?) de la police vénézuélienne la drogue arrive jusqu'à Carupano, où elle est ensuite envoyée dans ces ports accessibles uniquement par la mer… De là, de puissants peneros, construits spécialement pour cet office, la transporte dans les îles Caraïbes : Trinidad, Barbades… où des gouvernements pas trop regardant laissent faire.

 

La police est complètement démunie contre ces trafiquants, qui ne risquent rien… si ce n'est la présence de pirates de Trinidad qui chaque nuit attendent les bateaux chargés de poudre, à bord de peneros non moins rapides que ceux des narcos de Paria… et cette guerre laisse des traces.

 

On donne 30 millions de bolivars à un capitaine qui accepte de faire le transport… et 50 000 bolivars à un capitaine de bateau de tourisme… voilà pourquoi, j'ai appellé ce blog, Mundo, l'honneur des Hommes…

 

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Une des carpinteria qui "fabrique" les peneros trafiqués...

 

 

Certains commentateurs affirment que ces mafias sont maintenant contrées par des groupes terroristes islamistes, qui bénéficieraient de la mansuétude du gouvernement vénézuélien… en ce moment, l'Iran construit un terminal pétrolier à Paria...

Par Philemon
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 18:18

 

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La chapelle de Boca de Uquire dédiée à la Virgen del Valle

La dévotion pour la Purissima touche tout l'Oriente Venezuelien et l'Ile de Margarita, d'où la statue est originaire, mais avant... d'où venait-elle ?

 

Un des premiers lieux de culte marial en Amérique du Sud fut « El Valle de Margarita », où on honore «La Purissima », la Virgen del Valle.

Les spécialistes affirment que « le premier lieu de culte marial est établi dans le Nouveau Monde dans la cité de Higuey, en 1514 »…

Pourquoi tant d’hésitations, les relations que firent les Espagnols des faits et actes qui se déroulèrent depuis le premier jour de l’occupation sont nombreux, précis et circonstanciés. Alors pourquoi hésite-t-on pour déterminer les premières manifestations en l’honneur de la Vierge ?

Un historien affirme « qu’en 1508, on trouve des manifestations de dévotion à la Vierge… » (Rafaël Maria Febres-Cordero El sanctuario del Valle de Margarita primado del continente), pourquoi est-il remis en cause, surtout qu’il n’y a pas de raisons objectives de réfuter son affirmation, on trouve effectivement des actes de dévotion… (archives documentaires de Margarita)

La raison en est simple : on a pas de traces d’entrée de la statue de la Vierge honorée à Margarita ! Et avec l’Inquisition de l’époque, tout sauf des décontractés, si une statue était entrée à Margarita on l’aurait su. La lecture des procès-verbaux de transport et de débarquement des navires ne laisse aucun doute sur ce fait, on savait tout sur ce qu’il y avait dans les colonies d’Amérique … qui croire ? Febres-Cordero ou l’Inquisition ?

Mais encore une fois, les textes sont formels, il y avait des actes de dévotion à la Virgen del Valle dès les premiers temps de la colonie. Cette Vierge de Margarita est devenue miraculeuse, et elle est encore fêtée de nos jours, mais et c’est le cas de toutes les statues miraculeuses du monde, il faut bien lui trouver une origine…

Comme elle n’est pas entrée directement à Margarita, on a supposé qu’elle venait d’une autre colonie américaine, et que son entrée n’aurait pas été contrôlée par l’Inquisition… peu probable, encore une fois au vu des livres de contrôles, surtout que les tenants de cette version ne peuvent proposer comme date d’entrée que 1541, date de la destruction de la ville de Nueva Cadix, par un tremblement de terre, et qui a amené nombre de ses habitants à Margarita…

Pourquoi des « actes de dévotion » dès 1508…

Et surtout pourquoi une Vierge venant d’une ville détruite par un séisme deviendrait miraculeuse…

Toutes les statues qui sont devenues miraculeuses le sont devenues après un incident, un fait que les populations jugent merveilleux, cela semble de bon sens ! Cet incident fait souvent partie du mythe entourant la statue.

Une légende existe pourtant à Margarita qui permet de mettre en accord ces deux thèses  :un Indien Guaïquiri a trouvé une statue dans une grotte, la Cuava del Piache, et cette icône, retrouvée miraculeusement est devenue l’objet de dévotion des habitants.

Soit c’est un miracle, soit quelqu’un la mise Cueva del Piache avant que les colons n’arrivent en 1500… et alors, il faut bien admettre que Margarita avait été occupée !

Il est quand même étonnant que l’Église accepte plusieurs miracles de la Virgen del Valle (pluie miraculeuse, phénomène optique en 1948…) et refuse d’admettre que cette statue se soit déplacée miraculeusement, d’un point de vue profane, il est vrai, cela ne paraît pas beaucoup plus difficile.

 

Mais que des chrétiens l'avaient laissée avant Christophe Colomb...

 

 

 

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Boca de Uquire au crépuscule

Par Philemon - Publié dans : Histoire de la Découverte
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Jeudi 19 avril 2007 4 19 /04 /Avr /2007 08:05
 

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Le muletier de Machuro

 

 

Dans le programme du voyage, il y a une marche de 5 heures à travers la forêt tropicale de la péninsule… cette marche n'est pas obligatoire… les Créd'Agventuriers décidèrent de tous la faire ! Menés par un guide local et accompagnés de deux mules, les neuf trekkeurs quittèrent Machuro pour leur périple, avec l'équipage nous doublons le Cap du dragon et l'Ile el Gato pour attendre pour attendre l'équipe à San Pedro, étonnant pueblo où ne réside qu'une seule famille. Le village n'étant accessible que par la mer, et par le sentier montagneux, l'arrivée de notre équipe ne passe pas inaperçue.

 

Nous embarquons tout le monde pour nous rendre à Boca de Uquire, où avec Mundo et l'équipe accompagnante nous avons installé un campement sur la plage.

 

Boca est à peine plus grand que San Pedro, mais et c'est là la différence une source fraiche venue de la Cordillère de Paria procure de l'eau douce aux habitants… Nous y rencontrerons une déléguée Avon !

 

Feu de camp sur la plage, histoires et chansons paillardes, l'aventure est vraiment commencée…

 

Autour du feu, je raconte l'histoire de la Garduna, ces bandits moyenâgeux qui accompagnèrent les rois espagnols dans toutes leurs conquêtes… en Sicile et en Calabre où ils laissèrent la Mafia et ses dérivés… et en Am'Sud, où on les connait actuellement sous le nom de narcotrafiquants, et leurs corolaires, les pirates !

 

Demain, un bref aperçu de leur activité dans l'Oriente du Venezuela.

 

 

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L'arrivée à Boca de Uquire, Mundo, Morocho et Negro aident les Créd'Agventuriers...

 

 

Par Philemon
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 19:11

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Par Philemon
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 07:15
 

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A Guaira, premier contact avec le bateau de Mundo...

Enfin, en route pour Machuro.

 

La route de Maturin à Guaira, où l'on embarque a été longue, nous sommes le Samedi Saint, et on ne rigole pas avec les fêtes pascales au Venezuela… nous avons trouvé un restau chinois qui ne participait pas aux festivités…

 

A peine arrivés à quai, les bagages chargés, le capitaine Mundo met en branle ses trois moteurs de 75 chevaux et met le cap au N-E… deux heures plus tard nous sommes à Machuro.

 

La posada des Reyes Catholicos est déserte, nous avons pourtant réservé, mais la patronne est à la messe… impossible de la déranger. Nous nous rabattons sur la posada voisine, "les 14 amigos", coopérative bolivarienne, qui présente la même similitude que l'autre posada, le patron est absent, mais lui, il est au bistrot… on peut donc le déranger.

 

Repas chez l'habitant, et après un cuba libre de circonstance tout le monde va au lit, c'est le premier jour de raid, et demain nous arrivons chez les méchants… les pirates et les narcotrafiquants… ici pas de bien et de mal, seulement toi ou moi !

 

Mais n'est-ce pas ce que l'on est venu chercher ?

 

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La place de Machuro, avec la statue de l'Amiral...

Ce blog raconte l'histoire d'une aventure, celle des Créd'Agventuriers... j'y intercale des précisions historiques...

Désolé...

Par Philemon
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Mercredi 18 avril 2007 3 18 /04 /Avr /2007 06:32
 

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Un des livres du Professeur Lemahieu qui prétend (ainsi que d'autres auteurs) que les Templiers connaissaient l'Amérique.

 

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Christophe Colomb est soupçonné de beaucoup de choses, on a remis en question sa nationalité, sa ville de naissance, son lieu d’inhumation, ses motivations, ses véritables patrons… on en finirait pas de faire le tour de toutes les interrogations que laissa pendantes à la postérité le Grand Amiral de la Mer Océane…

 

Le court texte qui suit ne s'occupe pas des incertitudes concernant Colomb : la légende du Marin anonyme, son éventuelle judaïcité, ses relations ambiguës avec les Portugais… mais sur des faits confirmés, peu dignes de suspicion mais que la grande Histoire n’arrive pas à expliquer. Ce sont d’ailleurs ces hésitations des historiens qui ont donné à certains l’opportunité de proposer d’autres solutions…

 

Lors de son troisième voyage en 1498, Colomb avant d’arriver en vue des terres dit qu’il va appeler la prochaine île rencontrée, «Trinidad», jusque-là peu de problèmes, l’Amiral est complètement imprégné par la religion, et ce n’est pas la première fois qu’il donne un nom chrétien à une île du Nouveau Monde, par contre c’est la première fois qu’il l’annonce (confirmé par Las Casas et le procès de Séville), et surtout que les hommes d’équipage disent aussi que l’Amiral appelle ainsi la terre découverte à cause des trois collines qu’on aperçoit. « Très mogotes y très montanas… estas son sus palabras » dit Las Casas dans la relation de ce troisième voyage.

 

 

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Le fameux voyage de Roslyn à Arcadia... Roslyn, où les héros du Da Vinvi Code 'trouvent" le trésor...

 

Qu’il veuille l’appeler Trinidad, pourquoi pas, mais comment pouvait-il connaître la géographie de l’île ? Las Casas affirme bien que ce fût « un grand miracle (gran milagro) », on est en droit de se poser des questions…

 

Morison, un des plus grands colombistes qui soit, sur le tracé du troisième voyage indique  :« Limite de vue des collines de Trinidad », pour expliquer que c’est à ce moment-là de son voyage que Colomb « pourrait » voir la terre, or il l’a annoncé bien avant… on l’a dit dans le livre son comportement ensuite est incohérent, il tourne dans le golfe de la Baleine, décrit le Paradis Terrestre (« Grandes indicios son estos paraiso Terrenal », ce sont les mots de Colomb), s'arrête à Machuro (c'est l'endroit supposé de l'accostage, on ne sait pas exactement où il s'est arrété) sort de la petite mer par le Détroit du Dragon, part plein est vers Asencion, à peine en vue des côtes fait demi-tour, retourne vers l’ouest, puis vers le sud-ouest, atteint de nouveau la terre, s’arrête, questionne des Indigènes, quand il semble avoir eu l’indication qu’il cherche (on se demande ce que cela peut-être, c’est historiquement la première fois que des Européens viennent dans le coin…), il repart plein ouest, double Margarita, ne s’y arrête pas mais lui donne un nom… et ce n’est pas un nom neutre, puisque Margarita signifie « perle », et que justement l’archipel (avec les îlots de Cubagua et de Coche) est richement pourvu en perles…

 

Et ce baptême a posé problème, on a bien sûr pensé que Christophe avait voulu garder pour lui cette information… mais il y avait 100 personnes avec lui, et ces gens furent interrogés par le Procureur du Roi lors de l’interminable procès des plaintes colombiennes… dans aucune déposition ne ressort un élément qui puisse laisser penser que Colomb aurait pu être informé de la présence de perles à ce moment de la traversée. De plus, trouver des perles, pour Colomb aurait sans doute été un avantage, puisque ses deux premières expéditions ont été loin de rapporter autant qu’il l’avait annoncé avant son départ. Revenir en Espagne, en disant, « j’ai trouvé un richissime gisement de perles, d’ailleurs j’ai appelé l’île, Margarita » n’aurait absolument pas dérangé l’Amiral, bien au contraire ! Si Colomb affirme ne pas savoir qu’il y avait des perles, c’est qu’il ne le savait effectivement pas. (Peralonso Nino à son retour de Margarita apportera les perles qu’il y a trouvé, à Hernando de Vega, Senor de Gragal, futur Commandeur de Castille de l’Ordre de Santiago…)

 

 

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Carte Mappa Mundi de Juan de la Cosa - Elle décrit des terres pas encore découvertes

Juan de la Cosa accompagnait Colomb lors du voyage à Paria.

 

On a l’impression que l’Amiral avait en arrivant dans la région des informations sur les îles qu’on y trouvait, mais pas sur ce que l’on trouvait dans ces îles… les collines de Trinidad, la forme et le nom de Margarita… l’Histoire accepte par deux fois l’inspiration divine de Christophe, et ne va pas chercher plus loin.

 

Le professeur Manzano, qui n’est pas un « chercheur occulte » a bien essayé d’expliquer qu’au cours de son deuxième voyage (en 1494), Colomb avait pu faire une incursion « secrète » dans les Île sous le Vent, et ainsi connaître la géographie locale… cela a le mérite d’être clair et explique surtout le comportement de Colomb, mais sur le plan chronologique, Manzano se heurte à l’hostilité de ses confrères qui lui disent :

 

         – « D’accord Professeur, mais quand pendant son deuxième voyage ? ».

Il y avait plus de mille personnes lors de cette expédition, et on connaît le programme de Colomb au jour le jour… Mais l’interrogation de Manzano est significative des incertitudes des historiens…

 

« Fué gran milagro (pour Trinidad), inspirado per Dios (pour Margarita) », ce sont les réponses de Colomb ! On l’a dit c’est un mystique, il se croit investi d’une mission divine… mais les autres… qu’au seizième siècle on admette comme envisageable cette solution, passe encore, mais actuellement, qui peut prendre comme argent comptant cet « inspirado per dios » ? L’Église n’a d’ailleurs pas confirmé le « milagro », et Christophe, malgré quelques velléités d’aficionados n’a pas encore été sanctifié !

 

Il est à peu près acquis maintenant que Colomb ne fut pas le premier européen à poser le pied en « Amérique », et il est probable, pour ne dire plus que les Templiers ont fréquenté les rives de ce continent… les liens entre les successeurs effectifs des chevaliers du Temple (Ordre de Santiago, d’Aviz, de Calavatra…) et les premiers découvreurs de l’Amérique sont patents, évidents. Si des documents, ou une tradition sur une route existent, venant des Templiers qui faisaient le trafic trans-océanique, il ne peut s’agir que d’indications physiques (collines, rivières…), et reconnaissons alors que Colomb nous donne raison.

 

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Avec les Créd'Agventuriers à l'approche de la Boca del Dragon, sur les traces de Colomb.

 

Sur les conseils d’un Catalan, Jaime Ferrer, Colomb décide de partir pour son troisième voyage par une route beaucoup plus au sud, c’est en suivant les alizés vers 9° de latitude Nord, que croit-il, et Jaime Ferrer aussi, il arrivera au Paradis Terrestre. Ce n’est pas une vue d’esprit de Colomb ce Paradis, il y croyait fermement, on l’a dit.

Quoiqu’il en soit, pourquoi partir trois cents léguas plus au sud au départ d’Europe, sinon pour arriver à un endroit déjà identifié. Pourquoi ne pas partir de la Terre Ferme que Colomb croit avoir découvert (Cuba) ou des îles que l’on a déjà colonisées (Hispaniola, Isabella…) et descendre de trois cents léguas pour arriver au point où l’on croit trouver le Paradis. Cette attitude est déconcertante et ne répond à aucune logique si l’on part réellement à l’aventure. Mais si l’on croit que pour trouver le Paradis, il faut d’abord arriver à une île sur laquelle se dressent trois collines, et que pour trouver cette île il faille partir 300 léguas plus au sud que d’habitude… et ensuite, suivre une route plein ouest pendant vingt-cinq jours, il est normal que Colomb veuille atteindre cette île par « l’Europe ».

 

Cette impression semble confirmée par le fait que Colomb après avoir suivi cette route s’inquiète, en effet à la fin juillet il n’a encore rien trouvé, ni terre, ni île… le 30 juillet, alors qu’il est à quelques encablures de l’Amérique du Sud, mais qu’il n’en voit toujours pas les côtes, il prend une route plein nord, il vire de 90° par rapport à sa route initiale ! Sur ce changement de direction, les avis sont partagés  :le pilote du bateau, Herman Mateos affirmera que c’est une tempête qui a détourné l’expédition, pour Fernando Colomb, le fils de l’Amiral, c’est à cause de la chaleur…

 

Pense-t-il être descendu trop bas ?

 

Il ne répond pas à la question, mais après avoir changé de direction, le trente et un juillet il aperçoit les collines de Trinidad et met le cap sur l’île. Il cabote le long de la côte sud, il n’aborde pas et au détroit du Serpent, alors qu’il a l’Amérique du Sud à portée de main et qu’il peut la voir, il continue plein nord ! Et il baptise le nouveau continent (il est sur la péninsule de Paria) : Île de Gracia !

On ne possède pas le livre de bord de Colomb, il aurait disparu… seules deux personnes semblent en avoir pris connaissance : son fils et Las Casas, on ne peut donc savoir avec certitude pourquoi Colomb remonte, contre toute logique, au nord. Mais on peut imaginer que les conseils de Ferrer étaient de prendre une route plus au sud, et après trente jours de mer, il arriverait en vue de l’île de Trinidad. Ferrer, comme Colomb croyait la Terre beaucoup plus petite qu’en réalité, est-ce cette erreur de calcul qui fait que Colomb attend avec impatience une île avec trois collines ? Tout porte à le croire, puisque ce sont les propres marins de l’expédition qui renseignent Las Casas, lors du procès, sur le fait que Colomb savait qu’il allait trouver cette île. Sans doute pour rassurer l’équipage (tous des proches, encore selon Las Casas), Colomb en a parlé :

 

Dans quelques jours nous devrions arriver à une île dont nous apercevrons les trois collines…

 

Ne voyant rien venir, à cause d’un voyage plus long que prévu, il décide de remonter vers le nord, et après une journée de navigation il arrive en vue des collines de Trinidad…

 

            – Je vous l’avais dit ! Une île avec trois collines !

Nous ne revenons pas sur son cabotage dans les eaux du golfe de la Baleine, notons simplement qu’à peine sorti du détroit du Serpent, il prend plein nord, comme s’il avait hâte de rentrer à Hispaniola. Il restera quinze jours dans cette zone, longeant les côtes, et interrogeant les Indiens sur la provenance des perles qu’ils possèdent. Ces derniers le renseignent, il sort du golfe de la Baleine, par le Dragon, et part plein est, comme s’il rentrait en Europe ! Alors, on se dit que les Indiens lui on dit qu’il allait trouver des perles sur cette île au N-E de Trinidad, et qu’il va vérifier. En vue (5 miles) des côtes d’Asencion (actuellement Tobago) il fait demi-tour et retourne vers l’ouest !

Il n’y a qu’une explication : l’île ne correspond pas à la description qu’il possède, inutile donc de s’y arrêter !

Il retourne à terre (?), interroge de nouveau les Indiens et repart, il prétexte une grande fatigue (!) et un manque probable de vent (!!) pour ne plus s’arrêter nulle part, ne baptisant les îles croisées que de son bateau… los Testigos, los Guardias et Margarita !

Les Témoins, les Gardiens, Île aux Perles… les biens nommés…

 

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La couverture d'Insula Inventis, première relation de Colomb après son voyage de 1492, la référence au Temple est manifeste.

 

Comment Christophe a-t-il pu être si précis sans avoir d’informations ?

 

Je répète, Colomb devait vraiment ignorer qu’il y avait des perles à Margarita, sans doute imaginait-il qu’il y en avait dans le golfe, mais à Margarita précisément, non.

Je pense que, comme Trinidad, Margarita s’appelait déjà Margarita, et que Colomb quand il a eu l’information par Ferrer a également appris le nom de l’île dont on lui parlait, et sa mission, au troisième voyage n’était pas de visiter l’île, mais de la situer précisément pour d’autres…

D’ailleurs, quand il arrive à Hispaniola, c’est la révolte, Roldan, que Colomb avait nommé Alcade a pris le pouvoir, et devant le mécontentement des espagnols, accuse les Colomb de tous les maux. Christophe et ses frères seront mis aux arrêts, lui ne rentrera en Espagne que bien plus tard, en 1500, mais il a eu le temps de faire parvenir une lettre (« la carta secreta », dans le jargon des "colombistes") aux Rois Catholiques, avec la route qui mène à Trinidad, au Paradis Terrestre et à Margarita… cette carte (la« pintura », dans le même jargon) devait rester secrète  :moins de six mois après Ojeda, Cossa et Vespucci s’embarqueront pour Margarita… Nino et Guerra les suivront quelques jours plus tard…

On objectera que Colomb, quand il décrit Margarita ne signale pas que l’île est formée de deux îlots reliés par un bras de sable, que ce n’est donc pas le relief de l’île qui l’a renseigné… c’est à mon avis un point supplémentaire pour affirmer que Colomb avait reconnu l’île, il est en effet impossible, quand on prend la route prise par l’escadre de ne pas s’apercevoir de la forme exacte de l’île  :deux îlots montagneux, reliés par un bras de terre où l’on trouve deux collines :« Las Tetas de Maria Guevara ».

 

A suivre : Le nom de Margarita

 

Par Philemon - Publié dans : Histoire de la Découverte
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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 18:51

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Catherine, Nathalie, Emilie, Lucille et Fouzia

Jean-Pierre, Philippe, Fredo et David

 

Partis de Roissy le 7 avril 2007 les Créd'Agventuriers arrivèrent à Caracas en fin d'après-midi du même jour. Une nuit plus tard, passée à Catia la Mar, ils s'embarquaient à bord d'un avion de Combiassa spécialement affrété pour l'occasion. Une heure plus tard, débarquement pour Maturin, la grande ville gazière au nord de l'Orénoque…

 

Nous montons, sans perdre de temps dans le bus qui nous conduira à Guira, où nous attend Mundo et son équipage…

 

 

 

Demain, l'histoire de Machuro et de Christophe Colomb.

Par Philippe Duquesnois
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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 17:55
 

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Site du Ministère des Affaires Etrangères : VENEZUELA.

 

"Pour les déplacements sur les presqu’îles de Paria et de Araya, il est conseillé d’être en groupe et encadré.

En l’absence de statistiques sur les crimes sexuels, on ne peut que rappeler que plusieurs Françaises ont fait l’objet d’agressions sexuelles et que la plus grande prudence est, là aussi, conseillée à nos ressortissantes.

 

Les côtes ne sont pas épargnées. Une augmentation des vols et des agressions visant des résidents ou des étrangers de passage a été observée sur l’île de Margarita : agressions par arme à feu ou arme blanche, au sol ou sur les voiliers au mouillage, vols aux abords des banques ou des distributeurs bancaires, vols au sein même de l’hôtel (par exemple dans les instants qui précédaient immédiatement le départ). Il est conseillé d’éviter les endroits à risque comme le centre de Porlamar (à toute heure du jour et de la nuit) et de suivre scrupuleusement et en toutes circonstances les conseils élémentaires de prudence mentionnés dans le paragraphe " délinquance ".

Les vols et les agressions ne sont pas rares sur les plages vénézuéliennes... mais aussi entre Puerto la Cruz et Cumana (Etat de Sucre).

 

Des agressions particulièrement violentes ont, été enregistrées en bordure des côtes du Venezuela, où sévissent des pirates armés. Plusieurs bateaux ont été pillés (dernier en août 2006), un plaisancier français, qui mouillait devant la plage de Medina (Etat de Sucre), a été assassiné en Juin 2004 et deux de nos compatriotes ont du être hospitalisés après avoir été agressés à bord de leur voilier devant le port de Cubagua (proche de l’île de Margarita) en février 2005. Il est par conséquent recommandé à ceux de nos compatriotes qui ne pourraient éviter de croiser dans les eaux vénézuéliennes d’observer la plus grande prudence, notamment lorsqu’ils approchent du littoral. Ceux qui néanmoins choisiraient de faire escale dans le pays ont tout intérêt à effectuer eux-mêmes leurs démarches administratives auprès de la capitainerie et de la police des frontières."

 

Voilà ce que nous conseillait le site du Quai d'Orsay…

 

On a chanté avec les motivées…

 

"Douste,

Tu nous prends pour des langoustes,

Ouste !

On s'en fouste !"

 

Et nous avons, pour notre voyage (croisière) choisi la destination la plus déconseillée… La Presqu'île de Paria, lieu d'accostage de Christophe Colomb le 5 08 1498, mais pour guide nous n'avions pas fait appel à n'importe qui… mais au capitaine Mundo, de Santa Isabel :

 

Mundo, ou

L'honneur des Hommes !

 

Pour beaucoup, il faut une excuse pour ne pas aller travailler, moi il me faudrait plutôt une (bonne) excuse pour aller au travail… c'est ce qui fait le charme de la vie, la diversité !

 

Accroché depuis près de quatre années à la résolution d'une des plus grandes énigmes de l'univers, je veux dire "La découverte de l'Amérique", il me tardait d'aller à Machuro… village de pêcheurs situé à l'extrémité est de la péninsule de Paria, où l'Amiral de la Grande Mer Océane a posé sa godace à la fin du quinzième siècle ! Ne pas confondre l'endroit avec celui immortalisé par Depardieu… cet accostage eût lieu en 1492, et le lieu d'arrivée des explorateurs était une île… pas la terre ferme !

 

Machuro est (officiellement et en toute arbitraire) le lieu où l'homme blanc a, pour la première fois mis le pied sur le continent Indien… l'Amérique viendra plus tard !

 

Et je ne connaissais pas Machuro...

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas la dangerosité de l'endroit qui me rebutait, mais la difficulté d'accès. La route s'arrête un peu plus loin que Guiria, il n'y a donc que les peneros qui peuvent vous y emmener. C'est assez bordélique à organiser, il fallait donc une occasion. Elle vint avec la volonté farouche d'un groupe constitué qui, malgré les conseils du Quai d'Orsay voulait se rendre compte… ce sont les

 

Créd'Agventuriers !

Par Philippe Duquesnois
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